Mesdames, comment devenir riches ? Parlez CA$H !

Il est une réalité pragmatique qui est que les hommes sont plus riches que les femmes. Si vous prenez les statistiques de toutes les organisations sérieuses qui en publient régulièrement, les femmes sont toujours plus pauvres que les hommes.
Quel que soit le continent, quelle que soit langue, quelle que soit la religion, quelle que soit le régime politique… les femmes sont moins nanties. Pourquoi ? Et surtout, comment faire pour que cela change ?
Tout d’abord, on ne peut que ce qu’on peut, ici et maintenant. Par conséquent, loin de minimiser la situation précaire de millions de femmes de par le monde, je voudrais m’adresser aux femmes d’ici, dans notre société occidentale.
La question est : comment devenir riche quand on est une femme ? Ou, pour reprendre la comparaison avec les hommes, comment devenir aussi riche qu’un homme ?
Je vous propose quelques pistes de réflexion :

  1. L’argent est le dernier tabou des femmes. Elles ont apprivoisé leur sexe, leur sexualité, mais pas l’argent. L’argent est cette chose sale et inquiétante qui nous avilit, qui nous perd, qui se dilapide, qui disparaît dans son portemonnaie, qui manque toujours, qui est sujet de disputes, avec mari ou enfants, qui sent mauvais, qui finance la drogue, la prostitution, la pornographie etc. L’argent est sale, c’est connu. Et bien c’est faux. L’argent est un vecteur nécessaire au commerce, aux échanges. L’argent est un moyen, comme les notes à l’école, d’évaluer un produit ou une prestation par rapport à un-e autre. Evaluer signifie valoriser, donner de la valeur. Quand l’argent est compris pour ce qu’il est, et pas pour des fantasmes véhiculés depuis des siècles par d’autres que les femmes, il est utile, pratique, et apporte de nombreuses sources de plaisir.
  2. L’argent n’a pas de valeur. Les vraies valeurs, pour les femmes, sont l’amour, l’amour de ses enfants, l’amour de son conjoint. Le grand amour, le bel amour. L’amitié aussi est fondamentale, rien ne remplace une bonne copine. La justice également, qui compte de plus en plus de femmes avocates, juges etc. La justice, avec un grand J, les yeux bandés et la balance en mains. Les femmes sont grandes dans leurs idéaux. Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Peu importe le salaire, pourvu qu’on ait les valeurs, les vraies, comme l’épanouissement personnel, l’éthique de la finalité du travail, des horaires permettant de vivre sa deuxième vie, des collègues et l’autorisation de mettre des photos des enfants sur son bureau. Et bien pourquoi ! L’un n’empêche pas l’autre ! On peut avoir des valeurs et un bon salaire. On peut avoir un travail intéressant et une vie privée. On peut avoir des responsabilités et des copines pour faire du shopping. La valeur de l’argent n’empêche pas les valeurs fondamentales de toute à chacune.
  3. La finance, la bourse, les traders et tout ce vocabulaire sulfureux est un monde d’hommes, de machos, d’irresponsables mécréants qui détruisent de la valeur et notre économie. La crise c’est les banques, c’est les mecs, c’est leurs mauvaises pratiques. Une obligation ou une action, c’est l’histoire du type qui veut quitter sa femme (obligation) pour une maîtresse (action). C’est lourd, c’est incompréhensible, c’est réglé, les femmes ne s’y intéressent pas. Et pourtant, les actions, les obligations, les indices boursiers, le change et tous ces mots indispensables, sont le reflet de notre modèle économique. Il y a beaucoup de similitudes entre les humains et les animaux, on parle même d’âme partielle, d’intelligence, de sentiments. On peut épiloguer sur ce thème, toujours est-il que s’il y a un domaine, un seul où les humains sont différents des animaux, c’est bien sur leur fonctionnement économique, et quel que soit le modèle ! Les humains ont créé des systèmes pour valoriser le travail et le capital afin de créer de la richesse et du bien-être. Et que la première personne qui conteste éteigne son Iphone ou son ordinateur…. Une action est une part de propriété de l’entreprise, une obligation est un prêt que vous lui faites. Tous ces mots dits barbares sont le reflet d’une structure humaine ultra sophistiquée et disponible à toutes et à tous, ici dans notre société. Alors ? Non seulement les femmes se privent de comprendre comment notre système fonctionne mais en plus, par leur désintérêt, elles laissent la place à d’autres et valident indirectement les choix faits par… les hommes. Un peu de la même façon que les femmes qui ne votent pas. Peuvent-elles se plaindre ensuite ? La finance est un apprentissage à faire, pour les hommes et pour les femmes ! Si la finance doit changer, que les femmes y viennent !

L’argent, sous toutes ses formes, est un monde en soi. Y réfléchir est un premier pas vers plus de richesses et une plus grande liberté. Mesdames, je vous invite à regarder votre billet de cent francs et à méditer…
Jill Székely animera des ateliers destinés aux femmes organisés par le Bureau de la promotion de l’égalité entre femmes et hommes sur « Parlons CA$H, Les Femmes et l’Argent » durant les mois d’avril et de mai à F-Information, Genève. Pour tout renseignement, voir le site : www.ge.ch/egalite.

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